Chers amis de la Mission Orthodoxe,

Avec l’aide de Dieu et la bénédiction de Sa Béatitude le Patriarche d’Alexandrie M. Théodore II, un voyage missionnaire de plus arrive à sa fin. Comme pendant tous nos voyages nous avons rencontré aussi des difficultés. Cela arrive parce que les populations du «  Continent Noir » continuent à souffrir à cause de la nouvelle forme d’insécurité tant économique que politique ainsi que sociale.

Dans les pays de l’Afrique Centrale, en particulier dans les pays du Burundi et du Rwanda la guerre civile de vingt ans entre les tribus de Tutsis et de Hutus a créé des millions de sans abris, qui après avoir perdu leur terre ancestrale ont été poussés aux villes où ils ont formé des banlieues déplorables, des entrepôts de main d’œuvre bon marché.

Les paroles chrétiennes de réconfort ont touché ces couches sociales. Ainsi, vers en 1850 l’œuvre des missionnaires Chrétiens commence dans l’Afrique Centrale et de l’est et en1876 sont arrivés en Ouganda les protestants et deux années plus tard les catholiques. Enfin l’Ouganda, le Ruanda-Urundi et l’est du Congo ont été christianisés par l’Ordre des Pères Blancs de nationalité française, alors que plus tard sont arrivés les missionnaires Belges qui ont entrepris l’éducation de ces peoples. Comme il est normal, le problème historique le plus important de l’Afrique est la régression qu’elle a subie surtout dans les pays où des guerres civiles ont éclaté : De grandes villes ont été ravagées, l’éducation, les traditions et la suite historique ont été perdues, alors que les relations de production ont régressé pour des siècles.

Ainsi le besoin d’organiser les pays africains a été créé, et dans le cadre de ce besoin la politique coloniale a été organisée et des vagues de colonistes Européens se sont installées en Afrique. En même temps des confessions telles que l’Église réformée néerlandaise, les Méthodistes, les Presbytériens, les Anglicans, les Adventistes, les Chiliastes et d’autres Américains, la Mission Evangélique Française, les Catholiques de l’ Ordre des Pères Blancs etc. ont envoyé des missionnaires dans l’intérieur .

Dans le cas de Burundi et de Rwanda la Mission Orthodoxe Grecque est relativement récente. Mon diaconat dans ces pays date depuis 2012. Mon ancêtre M. Savvas a été muté à une autre Métropole et je l’ai remplacé avec la volonté de Dieu et la bénédiction de notre Patriarche M. Théodore II.

Les difficultés que nous avons rencontrées étaient insurmontables sans exagération. Notre soin premier était d’aider, le plus que possible, les gens à se débrouiller. Mais nos déplacements d’un pays à l’autre étaient difficiles surtout après un accident routier où notre voiture a été détruite totalement. Étant obligés, nous utilisons les moyens de transport en commun ce qui signifie une perte de temps, alors qu’ à l’intérieur du pays le vélo est trop utile pour nos déplacements.

Au Rwanda surtout nous rencontrons beaucoup d’obstacles qui sont difficiles à dépasser. Plus précisément, le gouvernement a ordonné que les confessions doivent disposer un terrain de 5 hectares au moins et qu’elles doivent construire une Église suivant les directives européennes (de l’eau, un parking, des toilettes pour les femmes et pour les hommes, des carreaux etc) et qu’elles ne doivent pas célébrer la messe sous les arbres.

Parmi les dix-huit communautés que nous avions, dix sont fermées parce que nous n’avions pas le propre terrain et en général nous ne remplissions pas les conditions. Ainsi, nous sommes inquiets pour les âmes que nous avons baptisés (5000 catéchumènes et baptisés + 2500 en attente) parce que nous ne pouvions pas les concentrer. Nous ne voulons pas être pessimistes, toujours nous croyons que nos frères en Grèce, malgré leurs difficultés qu’ils rencontrent, ils vont nous aider comme tant et tant de fois au passé, de manière que nous pouvons acheter des terrains qui sont trop chers au Rwanda surtout ceux qui se trouvent prés de la rue (30000-40000€). La construction d’une petite Église s’oscille entre 60000-100000€.

De plus, le gouvernement nous invite à aider à son œuvre sociale en contribuant à l’aide des orphelins, des veuves, des familles nombreuses. Nos paroisses au Rwanda sont servies par cinq prêtres, quatre diacres, deux sous-diacres et quinze lecteurs qui font le cérémonial de l’ Église là où les prêtres sont absents. Nous avançons aussi notre œuvre de traduction : traduction de la Divine Liturgie de Saint Jean Chrysostome, celle de Saint Basile de Césarée, celle de la messe des présanctifiés ainsi que de tous les sacrements.

Au Burundi les choses sont différentes. L’État nous procure des terrains sous la stricte condition de construire dans des délais. Et comme notre credo est que l’Éducation sauve les hommes, nous avons commencé la construction de six salles dans la région Buramata, où le Collège de Saint Paisios va être abrité, une oasis dans le désert ;nous l’avons considéré important, du moment qu’ autant d’enfants qui finissaient le primaire et voulaient continuer à l’Enseignement Secondaire devaient traverser à pied au moins dix kilomètres quotidiennement.

Je ne veux pas abuser de votre amour et de votre patience. Simplement je vous prie que vous priiez à Dieu pour la réussite de l’œuvre de la Mission. Vous êtes toujours à nos prières et à nos cœurs. Je vous remercie que vous souteniez notre œuvre. Sans votre aide tant morale que matérielle nous n’accomplirions rien de tout cela.

Innokentios du Burundi & du Rwanda