Dans une ambiance intimiste et de célébration à la fois, l’inauguration de la nouvelle Exposition d’Art Africain  » Panagiotis Papadimitrakopoulos » a eu lieu le vendredi 18 mai, où des oeuvres de sculpture et de peinture, des outils et des instruments musicaux de pays africains sont exposés. L’inauguration a été célébrée par Sa Béatitude Théodore II, pape et patriarche d’Alexandrie et de toute l’Afrique et dans une ambiance particulière, teintée d’émotion il a salué nos membres et nos amis qui s’y sont rassemblés.

Je voudrais, mon président, exprimer ma grande joie pour ces manifestations que vous avez préparées pour l’inauguration de l’exposition d’objets artisanaux. Comment je pourrais commencer les théologies, au moment où mon cœur s’ouvre en voyant cet endroit, l’Église Sainte Sophie, cette rue, cet escalier que je montais ! Combien de souvenirs ! Combien de difficultés ! Mais la seule chose que je puisse dire : Dieu soit loué !

Je veux que vous sachiez, mes enfants, quand j’ai appris pour la première fois sur la Mission Orthodoxe : de mon père spirituel le Métropolite M. Theodoros Sfakion. Il a fait son apprentissage auprès d’Avgoustinos ce saint Père. Sa maison à Iraklio était tellement humble ! il a reçu une grande bénédiction près du Père Avgoustinos, il était camarade d’école avec le Père Epifanios et ensemble ils envisageaient une Église qui renouerait avec l’ordre des Pères de Saint Chrysostome dont chacun se chargerait un domaine.

En 1975 où j’étudiais devenir moine ici à Sainte Théodora il est devenu Métropolite et il m’a dit « mon enfant, nous partons pour la Métropole de Lampi et Sfakia ». La première chose que nous ayons fondée là, quand nous sommes arrivés à Spili, c’était l’Association de la Mission Orthodoxe.

« Theodoros, je veux une Église combattante ». Je me souviens qu’il me disait que l’Église triomphe dans les prisons et elle s’avilit dans le palais. Il disait que la dépendance financière entraîne l’asservissement spirituel. Et il connaissait ces peuples d’Afrique. Ainsi, pour la première fois nous disions aux gens qu’au-delà de la Crète, au-delà de la Grèce, il y a un autre continent celui de l’avenir -c’était la première fois que je l’ai entendu-, l’Afrique. Et un jour Dieu m’aurait désigné le père humble de cette Afrique !

Je suis heureux parce que vous avez mentionné le Père Chrysostomos Papasarantopoulos, le fondateur de votre Fraternité, et je me souviens que Le feu Parthenios était le premier secrétaire du Saint- Synode et pour la première fois il a vu un vieux moine dans la cour du Patriarcat. Il a demandé de voir le patriarche Christoforos. Au début on ne lui a pas donné d’attention mais il insistait tellement qu’on l’a reçu et on l’a entendu. Il prend le vœu du patriarche Christoforos et il commence cette grande œuvre. Quand je me trouve à son tombeau, je m’agenouille, j’embrasse la croix et je lui dis « Père Chrysostomos je te remercie parce que tu as cru ». S’il ne croyait pas à ce qu’il faisait, cela ne fructifierait pas.

Ainsi, l’histoire de la Fraternité commence. Et peu à peu le Patriarcat commence à voir qu’au-delà de l’Égypte il y a un autre monde tant grand que beau, qui a soif. Et de cette façon les premières missions orthodoxes commencent à descendre.

Alors je remercie Dieu Qui, après mes grandes tournées dans la région de la Thébaïde du Nord, des années entières aux steppes glacées, a voulu et Il a inspiré le patriarche Petros, qui m’a dit ce matin-là : « Viens, Théodore, fais ton signe de croix et pars comme Évêque au Cameroun ». Le seul mot que j’aie prononcé c’était « que cela soit béni ». Et ainsi mon parcours de vie commence dans ces régions francophones.

Je veux pour un moment retourner à cette belle époque où je montais ces escaliers vers votre Fraternité. Mes seuls bagages étaient un petit sac, ma soutane et un petit chapelet. Combien de fois je me suis assis fatigué, ici à ce coin, pour voir notre docteur regretté M. Panagiotis Papadimitrakopoulos- que son âme repose en paix- m’écouter des heures interminables ! Aujourd’hui Dieu me permet de venir comme Pape et Patriarche, mais par-dessus tout je viens comme un missionnaire humble. Je vous dirai un grand, grand, grand merci ! Je remercie parce que je n’ai trouvé jamais la porte fermée. J’en avais vraiment besoin…

Ce soir, alors, je ne suis pas venu faire une belle cérémonie, dire de belles paroles. Mais je suis venu dire un grand merci, parce qu’après peu de jours je recommence les grandes tournées missionnaires, pour voir de nouveau mes enfants. J’ai recherché leurs yeux expressifs. Je sais qu’ils peuvent passer des heures entières m’attendre dans la poussière, m’accueillir avec des branches en dansant.

Je danse moi aussi avec eux, parce que je dois leur montrer que je respecte leur tradition, leurs us et coutumes mais par-dessus tout j’essaie de leur donner de l’eau pure qui s’appelle Orthodoxie. Et ils comprennent que l’Orthodoxie n’est pas comme les autres dogmes, nous n’avons pas à leur offrir de l’argent, nos moyens sont pauvres, mais tout est fait de notre cœur.

Je remercie Dieu, car Il m’a donné de bons prélats. Je remercie Dieu pour la hiérarchie de mon trône, qu’ils comprennent mon angoisse, qu’ils comprennent que l’avenir de notre Patriarcat c’est l’Afrique. C’est pour cela que j’ai sacré des évêques africains aussi, pour leur montrer que l’Afrique appartient à eux et à notre Patriarcat aussi. Nous travaillons à présent avec nos enfants, en faisant ce que chacun peut pour les instruire afin de continuer cette œuvre importante et grande qui s’appelle Mission Orthodoxe.

Dieu a voulu que l’Apôtre Marc, quand Varnavas l’a envoyé, il ait vu l’Éthiopie, il ait vu la Libye, mais il a béni d’Alexandrie jusqu’aux confins de l’Afrique, jusqu’au Cap de Bonne-Espérance. Et tout ce continent de l’avenir c’est à présent un chantier.

Je veux vous féliciter, mais estimer heureux le docteur regretté, qui a cru. S’il ne croyait pas à cette œuvre rien ne se ferait. Ces gens ont donné beaucoup parce qu’ils avaient des gens spirituels près d’eux qui ont commencé cet effort. Le docteur me disait « vous êtes l’avant-garde, nous sommes à l’arrière ». Mais on a besoin de tous.

Ainsi, alors, je veux exprimer la gratitude de notre Patriarcat, de notre Église. Je vous remercie de ne pas nous oublier et je remercie pour cet honneur que vous me faites avec cette plaquette. Mon cher Nostis, je sais que tu as écrit ce poème avec beaucoup – beaucoup d’amour et dès ce moment je te nomme poète de la Mission Orthodoxe.

Je voudrais, mon Président, moi aussi de la part de notre Patriarcat de vous offrir le Lion de Saint Marc. Un lion est son symbole parce que son évangile est très fort. C’est le prêche des Pères, c’est le prêche étant venu faire exulter de joie les cœurs humains et des gens continuent à nous aider, des fraternités qui ont cru à l’œuvre du prêche. Ainsi, prenez ce lion de Saint Marc, que vous soyez en santé de lion afin de nous aider à notre lutte !

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Αδελφότητα Ορθοδόξου Εξωτερικής Ιεραποστολής
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