Mes chers frères,

Avec grande joie je vous contacte pour vous informer sur nos expériences récentes de l’Évêché d’Arusha où avec nos humbles forces nous servons la messe, moi avec mon vicaire le Père Porfyrios, frère du Monastère de Saint Dionysios d’Olympe.

L’état d’orphelin c’est le problème numéro 1 en Afrique. Des millions d’orphelins que laissent après leur passage le Sida, la malaria, le typhus… la famine. Il est tragique, dans notre époque qui se vante de son progrès tant technologique que scientifique, de voir des enfants mourir sans aide. La communauté scientifique cherche à trouver de l’eau sur Mars au moment où les orphelins de l’Afrique meurent parce qu’ils boivent de l’eau fangeuse. Les grands pouvoirs ils se vantent car ils peuvent détruire pas seulement une mais dizaines de fois la Terre, au moment où ils ignorent la lutte que font millions d’enfants orphelins pour s’en sortir à cause de la famine. En Afrique, un continent que pendant des siècles le monde occidental « civilisé » a sucé à travers sa politique colonialiste, à travers la cruauté de sa bienséance, à travers le vol de la richesse de celle-là, à travers la saignée de son matériel humain à cause de la traite, les habitants sont simples. Malgré leur pauvreté et leur état d’orphelin ils sont dignes et souriants. Le « mzungu », c’est-à-dire l’homme blanc, a beaucoup de choses à apprendre s’il les approche avec humilité et esprit d’apprentissage. Avec le sourire à des difficultés, la spontanéité et la patience, l’enthousiasme, la simplicité etc. ! Pourtant étant donné que j’ai commencé avec le sujet de l’état d’orphelin, permettez-moi de vous décrire un incident relatif.

Après l’ouverture d’un forage dans un village lointain d’Iringa, à Sasamabo un groupe de femmes nous a approchés en nous priant si c’était possible, de construire dans leur village une clinique d’accouchement parce que vingt femmes sont mortes en couches à cause des complications, laissant leurs bébés orphelins de naissance. En l’écoutant, cela donne la chair de poule, mais il est si réel ! Ce n’est pas le QI qui est bas, ni la paresse des gens, mais les conditions climatiques difficiles avec les phénomènes extrêmes en combinaison avec l’abandon et l’indifférence des gouverneurs qui créent de tels problèmes. À présent avec la construction de la nouvelle clinique que, si Dieu le veut, nous allons commencer dans notre centre missionnaire à Kidamali, de tels problèmes seront résolus.

Cependant la caractéristique c’est que le système social de ces gens humbles ainsi que méprisés donne spontanément la solution à de telle sorte de problèmes. Si un enfant est orphelin tout de suite ses proches ou les voisins s’empressent de l’adopter. De cette façon, conventionnellement, quand on entend un Africain dire «ma mère » ou « mon frère » on sait que cela ne signifie pas qu’il parle de son frère naturel ou sa mère naturelle mais adoptif ou adoptive. Nous voyons aussi aux repas, des bébés qui partagent avec grand amour leur bouchée avec leurs voisins, ou comment les petites filles apportent à leur dos leurs frères ou leurs sœurs orphelins. Des leçons d’humanité à l’Européen « civilisé » qui jette à la poubelle ses entrailles.

Distribution des repas à des orphelins

Ainsi, en Afrique on apprend à évaluer les choses différemment. Pas combien de fois je peux détruire la terre pour montrer ma supériorité, mais combien de larmes j’essuie, à combien d’orphelins je donne à manger pour montrer mon humanité.

De tout mon cœur je vous sais gré de votre soutien à cette œuvre tant difficile que belle de notre Église et de notre Patriarcat.

Avec l’amour de Jésus Christ
Agathonikos d’Arusha