Une réussite la plus essentielle et la plus difficile de notre action missionnaire c’est la diffusion des textes sacrés, mais aussi la pratique quotidienne de la prière de l’ Église, en une langue compréhensible et intelligible par des peuples soit évangélisés soit en train d’être évangélisés.

La langue constituait et constitue le véhicule, via lequel la connaissance, la foi et l’amour pour notre Dieu Créateur et Sauveur peuvent être plantés dans le cœur de l’homme, qui a été appelé par le Saint Esprit à devenir « une création nouvelle ».

C’est alors une tactique invariable de l’Église Apostolique Orthodoxe de s’adresser à des peuples qui vivent hors Jésus Christ et de les inviter à la foi qui vit et qui sauve, en prenant et en se servant des champs lexicaux et en général de la base linguistique de ces peuples.

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Dans son effort l’ Église est confrontée à une pléthore de challenges, de dilemmes et plusieurs fois d’impasses. Dans leur majorité, ce sont des langues pauvres, descriptives, incapables de donner la richesse de sens et le profondeur et sans variété d’expression, sont appelées à devenir porteurs du message du salut et  de la promesse selon laquelle nous devenons « participants de la nature divine ».

C’est à ce point-là où le combat est repéré ainsi que l’angoisse des ouvertures missionnaires : Comment la richesse infranchissable de l’expérience ecclésiastique pourra devenir un acquis, une des mœurs et une habitude de vie des enfants de Dieu de ceux qui vivent dans un pays lointain ayant un mode de vie différent , sans que les traits de cette expérience soient perdus ou trahis ?

Si nous concentrons notre attention sur l’espace-temps du continent africain, nous allons constater avec une grande inquiétude que parallèlement avec le vertige provoqué par la panspermie des langues étant pauvres en expression, il y a aussi une autre impasse : la relation superficielle voire inexistante des Africains avec le livre de toute sorte.

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Comment alors le chrétien fidèle et baptisé en Afrique va être initié aux mystères merveilleux de Sainte Apocalypse, au moment où il n’a pas de livres de sa langue, ou s’il en a un, il ne lit pas ? Si la seule occasion pour lui de tenir un livre dans ses mains et d’en lire c’est l’heure de la messe, c’est l’ Église qui devra l’aider à le faire. En lui offrant les textes religieux et des extraits traduits en une langue qu’il comprend, qui l’incite et qui le soutient pour qu’il puisse comprendre la volonté de Dieu.

Des pays ayant une grande richesse naturelle mais en même temps trop pauvres. Pas au sens donné qu’on donne à la pauvreté, mais au sens spirituel et ontologique. Des lieux ayant des trésors cachés mais pauvres de Vérité et de connaissance.

Là l’Église est appelée à se pencher pieusement, avec patience et perseverance en créant des conditions favorables des semailles de son trésor inestimable et précieux sur le vaste continent stérile et inculte, pour le féconder et le rendre capable de produire des fruits pour l’ éternité.

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A ce point-ci exactement vient la Fraternité Orthodoxe de la Mission Orthodoxe de Thessaloniki , pour une fois de plus, avec sa présence de soutenir dynamiquement l’oeuvre des diacres de l’ Évangile, en finançant et en réalisant un rêve insaisissable : le « Masomo ya mitume », l’édition des Textes Apostoliques de chaque jour de l’année ecclésiastique, en langue de Tanzaniens, le swahili, d’après l’ordre de la tradition rituelle Orthodoxe. De cette façon, chaque jour, un nouveau Diamant Apostolique enrichira le cœur et l’esprit de ceux qui vivent dans le pays des diamants. Chaque jour, un grain spirituel tombe sur la terre jusqu’à ce que le Saint Esprit le transforme en un grand arbre, ayant des branches fortes, un feuillage épais et des fruits juteux, offrant de la fraîcheur, du repos et de la nourriture à des nombreux « qui sont fatigués et chargés ». Amen

Ieronymos de Mwanza